OFFRE POESIE

 

Ecrire des poésies selon vos souhaits.                                sergelanglois33@orange.fr            LANGLOIS Serge  -  Andernos

 

 

Quelques proses et poésies de François Veillon

 

Avant de me coucher.

Avant de fermer mes volets sur la luminosité du ciel qui s'estompe par la fuite de l'astre d'or, je contemple cet infini bleuté qui se tache de nuages et me masque l'horizon.

Alors j'observe que les couleurs et les formes de ces manifestations vaporeuses ne ressemblent plus à celles de mon enfance. Quelque chose a changé. S'agit-il des projections chimiques et délétères de l'homme, où est-ce la nature qui s’accorde avec sa propre loi en modifiant sa structure ?

Je ne sais... Cependant malgré la grande beauté de ces compositions, je ressens une crainte au vu de ces paysages célestes, qui parfois révèlent un scénario un peu apocalyptique. Mais c'est dans l'air du temps, rien désormais ne ressemble à ce qu'il était.

L'être humain lui même semble se satisfaire de sa manipulation de masse et il ne se rend plus compte que sa liberté et devenue une peau de chagrin.

Contrjour

 

Le calme après la tempête.

La canicule se raréfie et le grand incendie vorace qui nous a chassé de nos maisons s'est calmé. Nos balades reprennent doucement. Sur une vieille palissade, une glycine expose avec parcimonie ses grappes bleues violettes. Respirer ses capitules et un rare plaisir qui nous rappelle la débauche fleurie du printemps.

Une hampe de fenouil aux feuilles dégarnies se dresse sur le trottoir. Nous froissons les graines pour sentir la fragrance anisée. Cela nous rappelle que la récolte des châtaignes ne doit pas être très loin. L'automne non plus d'ailleurs.

Mes mains se collent sur une pigne égarée, mais je hume avec volupté l'odeur de résine qui s'en dégage. Sa destinée sera, avec ses sœurs de nous bien réchauffer dans l'âtre du foyer.

La villa Grain de Sel a perdu la vie, surtout celle de ses occupants. Cela fait peine à voir cet espace qui meurt sous les assauts d'une implacable sécheresse, alors qu'il était une référence pour nos idées jardinières.

Dans le recoin d'une clôture, je reconnaît le Maine Coon qui, il y a quelques années, était venu royal, squatter mes deux genoux. Il a un peu vieilli, mais il porte encore beau avec ses longs poils soyeux et les pattes repliées sous lui. Nos mains se serrent machinalement et nous traversons la vie en s'accrochant l'un à l'autre. Il est temps de rentrer.

Pinasse eclaircie

 

Dans ma main.

Dans ma main un grand M se dessine. Ils est très marqué. J'aurai dû être ce que je ne suis pas. Un simple mot de quatre lettre vient se poser. Paix. Cela me semble incongru à l'heure actuelle.

Je le regarde ; Du temps des latinistes on lisait Pax. Cela n’empêchait pas les conquêtes et les soumissions des peuples. Pleins d'autres viennent ensuite et lorsque je change une lettre ils deviennent amour ou guerre. Je les regarde, c'est le verbe qui va naître de cet assemblage de caractères si je lui donne un son.

De mes mains s'écoule la richesse du monde avec ses bonheurs et ses fléaux. Je ne suis rien, mais je suis dépositaire de tout. Comme tout le monde. Je n'ai pas de pouvoir et c'est ce qui fait ma force.

Je passerai comme l'étamine qui s’envole, et il restera la graine de l'indulgence et de la douceur qui germera avec l'évolution de l'humanité 

Photo 55

 

J'ai envie...

J'ai envie d'un autre monde. Je ne me satisfait plus de l’Europe et de ses satellites qui chaque jour répriment et limitent notre espace de vie comme une peau de chagrin .

Cela m'oppresse ces sénateurs et députés qui font assaut de lois liberticides qui restreignent notre souveraineté. J'ai envie de sincérité, de chaleur humaine où l'affection et l'empathie peuvent avoir un effet salutaire, sur cette ambiance délétère et sans avenir qui fait partie de notre quotidien.

J'ai la sensation, voire la certitude que le peuple soumis est prêt à tout accepter et cela me navre profondément. Dans les médias il y aura toujours quelqu'un en phase pour dire que ces dernières mesures coercitives sont bonnes pour le peuple.

Le bon sens n'est pas une affaire d'argent. La véritable avancée ce n'est ni la guerre ni les armes, c'est l'humain qui doit évoluer car cette situation négative ne peut que nous entrainer vers le bas. 

 

Photo 57

 

Un matin, en été.

La fenêtre ouverte se découpe sur un large carré de ciel bleu.
Allongé sur mon lit, je goûte à la fraîcheur matinale qui précède à l'étouffante chaleur de l'après-midi. En haut dans le ciel, à grands battements d'ailes, une pie poursuit un rapace prédateur de sa couvée.

Une cigale essaie son archet, deux ou trois fois avant de se lancer dans un interminable concert. Un voisin, comme tous les jours, s’essaie à la même partition avec sa ponceuse. Un moineau effronté se pose sur le rebord de la croisée. Je bouge la main. Il s’envole effrayé, en laissant de son passage un présent à nettoyer.

Un souffle léger tintinnabule les bambous musicaux de la maison d'à côté. Des corbeaux amoureux varient leur répertoire en des sons inharmonieux mais sûrement irrésistibles pour les femelles choisies.

Dans le lointain, des flots de véhicules se hâtent d'arriver avant que la canicule ne les contraignent à l'ombre où à la fonction climatique. Un vent chaud, messager de canicule, s'engouffre dans la chambre. Je ferme les volets. 

Voilier rouge recadre

 

Par un soir de Chorale...

Je suis assis sur la vieille et grande serviette bleue qui ne sert qu'à cet usage.
La plage du Bétey, dépourvue des artifices de la laisse de la marée précédente, affiche une nudité qu'aucun varech ne saura plus cacher.

Le flot montant se pare d'horizontalité car le souffle du vent n'est qu'une indicible caresse. La chaleur de juin libère les odeurs de résine qui sourdent le long des troncs de pins comme des larmes ambrées.

Je revois le temps où de robustes troncs de conifères coupés et enfoncés dans le sol, ceinturaient le rivage et emprisonnaient toute la vie aujourd'hui disparue. Les souvenirs s'entassent dans mon esprit mais je ne sais s'ils se logent en haut ou en bas de mon esprit, où peut-être se déposent-ils sur le sable avec celui des autres.

Le bonheur est un espace de tranquillité entre deux épreuves. Des perles d'eau coulent sur le dos de mon épouse après un bain lénifiant. Les femmes sont des entités étranges qui sont près de vous sans que vous ne le sachiez et peuvent être éloignées à vos côtés.

Un papillon gris nous a suivi en l'église Saint Eloi alors que nous allions vers la Vierge pour déposer une lumière d'espérance, mais aussi de remerciements . Les voies du Seigneur sont impénétrables mais il est parfois des signes... 

Colibri

 

Sur le vieil escalier.

Sur le vieil escalier de béton, usé et balayé par les marées d'équinoxes, nous sommes assis. Nos corps et nos pensées se touchent. Est-ce qu'ils nous appartiennent ? Le physique peut être modelé et l'esprit éduqué.

Mais je ne me sens pas propriétaire ni de l'un ni de l'autre. En fait on existe avec des supports qui nous sont étrangers .

Nous sommes les passagers du temps et les observateurs de nos vies. Au loin sous le brasillement du soleil, le bassin prolonge sa longue silhouette jusqu'à l'échancrure de l'océan.


Un couple d'hirondelles, dans un charmant gazouillis, rase la surface d'une mer étale qui se retire peu à peu. 

Photo 56

 

Vieille pinasse

Que reste-t-il de toi, vieille pinasse qui se reposait au couchant et cherchait la chaleur d'un soleil finissant, pour soigner tes rhumatismes de bois.

Que reste-t-il de ton étrave juvénile qui fendait les chenaux sous la poussée gaillarde de ton moteur deux temps. Et ton chauffeur, sans doute un homme rude, rompu aux caprices du Bassin qui te guidait vers des fonds inconnus où jamais je n'irai. Qu'est-t-il donc devenu ?

Fume-t-il une pipe sage en se remémorant les bons moments passés en ta compagnie ? Est-il toujours de ce monde où conduit-il un chariot dans les étoiles qu'il apercevait autrefois ?

Je ne pourrai le dire c'était du temps du temps où Andernos avait une âme et où le temps n'avait pas de prise, ce qui nous faisait vieillir doucement. 

 

Une vieille villa.

Elle se repose sagement dans son écrin de verdure et le temps patiemment écaille sa peinture et la rend vulnérable aux intempéries.

La nature sur elle colonise ses murs et l'ampélopsis lui mange la façade comme une barbe bal taillée. Les volets sont clos et les vitres martelées ne s'ouvriront que sur son trépas.

A deux pas de la ville elle est pourtant isolée, comme une vieille personne que l'on ne vient plus visiter. Les souvenirs sur elle ne se voient pas, et pourtant, elle en a abrité des vies, des sourires et des drames cachés.



Ainsi vont les choses, par devant elle, des fleurs déshydratées lui donnent l'illusion qu'elle est encore en vie...
 

 

Coquelicot.

Alors que dans l'herbe
verte,
où Minette aventurière,
reniflait les effluves
enivrants
des marquages récents.
Je vis une abeille
Bourdonnante,
d'un noir de jais.
C'était une charpentière,
sans ses outils,
venant se poser sur un
Coquelicot.
Incarnat.
Fragile.
Le poids conséquent
de l'insecte,
fit ployer le pavot.
En un éclair je compris
Que le rouge et le noir
Se mariaient
Avec un esprit.
Sans aucun
parti-pris. 

 

 

Marée basse.

Une dernière vague un peu plus aventureuse et chargée de varech a dessiné les limites de sa dernière progression. Le signal est lancé et les prochaines n'atteindrons pas les précédentes. Des crabes décatis et des coques ouvertes et vides gisent, dévoilés par le flot finissant. Des trous de différents diamètres apparaissent sur le sable mouillé, vestiges de la dernière vie de surface.

Dans le sous-sol où logent les longs couteaux, les vers de vases ventrus et les mille-pattes arénicoles s'emploient à la reconstruction de leur habitat. Les mouettes crieuses ont pris leur envol et leur chant se perd dans le vent quant elles filent vers des contrées où le flux est permanent. Au loin dans les chenaux encore en eau on voit et on entend passer les derniers bateaux avant qu'ils ne regagnent les ports les plus proches de leur destination.

Finis pour le moment les soupirs de la mer qui caresse ce qui lui fait front dans un doux clapotis. Éole, qui par habitude glisse sur l'onde calme, a pris congé et ne cingle plus les élingues et ne gonfle plus les voiles déconfites qui faisait avancer de joyeux équipages.

Quelques enfants nostalgiques et pleins d'espoirs de se baigner encore, courent vers les baïnes qui s'assèchent et qui ne trempent plus que le haut leurs petits pieds. Des cohortes de pêcheurs, armés de grandes pelles, fouillent la vase noire pour rechercher les appâts et laissent derrière eux le désolant paysage de monticules disgracieux. 

Ci-dessous, pleine mer...

Copie de andernos vacances

 

Le grands collisionneur

Me ferais-je des idées,
Ou le temps passe plus vite.
Et qui l'a décidé, manipulé ;
Est-ce le Cern qui lévite ?

Ce grand collisionneur ,
Des protons et photons,
qui cache bien son nom
et ce n'est pas meilleur.

Le temps s’écoule et fuit,
comme un vieux robinet
mal fermé qui dans la nuit,
me laisse alors tout éveillé.

Mes rêves désormais
ne sont plus les mêmes,
Où quand je dormais,
dans une nuit à thème.

Mais avec ces songes
à plusieurs dimensions,
L'inquiétude me ronge,
Et je suis en tension.

Qu'y aura-t-il de nouveau
dans ce monde qui change,
y laisserons-nous la peau,
Ou  la visite de l'ange. 

Coucher soleil

 

Méditation sous la chaleur, mais à l'ombre.

J'ai envie d'écrire, de trouver des mots qui nous sortent du quotidien, des mots qui nous recentrent sur notre présence ici-bas. Je sens que nous sommes prisonniers d'un futur prédéfini qui nous contraint à nous restreindre dans notre façon de penser et d'agir.

Je n'ai plus envie d'écouter le leitmotiv hypnotique des médias de tous les jours, car je soupçonne que la vérité est ailleurs. Pourtant quand je m'isole dans la nature et que je la regarde, elle paraît simple. Elle reçoit de l'eau et elle pousse... Et si c'était autre chose de bien plus complexe...

Mon café se refroidit sur mon banc pendant que je médite. J'observe que tous mes arbres fruitiers se touchent les uns aux autres comme s'ils communiquaient... Est-ce que l’amour fait partie des végétaux... Il y-a-t-il un amour universel ? L'amour est un sentiment tellement fugace, qu'il disparaît quand on n'y pense plus.

Le ciel est bleu aujourd’hui, il n'est pas pollué par le quadrillage de la géo-ingénierie quotidienne qui nous conditionne dans un consentement passif. Tiens, mes hortensias ont soif, j'attends encore un peu avant de les arroser... 

Figuier

 

La fuite du printemps.

Le chant du coucou s'estompe dans le lointain, c'est le printemps qui fuit, laissant derrière lui des roses défleuries et des tulipes défaites.

Des poires en formation s'érigent, droites sur leur tige et l'amandier libère au sol son surplus velouté.

La verveine citronnelle me transmet sa fragrance apaisante, tandis qu'un xylocope noir tourne autour de ma tête, me prenant pour quelque espèce à butiner.

Le vent agite les feuilles et les berce lentement d'un souffle bienveillant . Le vent c'est l'air qui respire. Au milieu des arbres et des fleurs je perçois la vibration qui anime ce règne végétal.

Je sens que je n'y suis pas étranger. Pourtant, il est des moments où je ne suis pas de ce monde, mais la matrice bien trop forte, m'y ramène tous les jours. 

Amandier

 

Scène de la vie courante...

 

Le ciel ce soir est un pastel, tout en douceur. Il se reflète sur le bassin qui le copie aussitôt mais ce dernier rajoute quelques vagues pour se donner du relief.
Nos yeux ravis observent longuement cette vision de paix et de sérénité.
-Il faut rentrer maintenant !

Devant moi, un petit chien blanc cours sur trois pattes, il n'a pas l'air d'en souffrir...
Son maître marche derrière lui et je vois brusquement sa tête s'entourer d'un panache de fumée comme l'aura visible d'un saint de paradis. Surprenante vision, quand on sait qu'autrefois Andernos était renommé pour la pureté de son air.

Penchés depuis le pont et regardant couler ce bon vieux Bétey, nous voyons une fois de plus, des livres dont les pages se tournent au gré du courant. Sans doute un philosophe voulant tester la mémoire de l'eau...
Cachés derrière une boîte aux lettre oubliée, une théorie d'escargots fait la sieste, à l'abri de la voracité des grives de
passage.

Un couple de vieux jardiniers se penche sur les bords du ruisseau pour couper les orties qui engraisseront les pieds de tomates.
Parmi les herbes folles du printemps quelques trèfles roses poussent dans d'improbables endroits. Je me souviens qu'enfant je suçotais les tiges légèrement acidulées.

Sur le parking de la place Camille Goubet de nombreuses personnes seules dans les voitures attendent... On peut se perdre en conjectures. Mais la conjoncture est particulière en ce moment.
Et comme je l'écrit souvent ;
-Il est temps de rentrer ! 

Avril 2018 1

 

Promenade...

On se promène dans ce bel #Andernos et la journée vernale se pare d'un soleil éclatant. Pour un poète, chaque détail est un mot qui pétille dans le cerveau comme une bulle de champagne.
Les mots cachent la puissance du verbe qui devient matière.

Un chat à longs poils marche d'une allure féline le long d'une gouttière. Il nous regarde inquiet de notre train de sénateur. Un merle noir, peu farouche attend le dernier moment pour s’envoler.

Je fais sentir à ma douce moitié l'odeur des feuilles d'une sapinette géante que je froissais pour le plaisir quand j'étais enfant. Sur la plage un enfant, ivre de joie et de lumière cours vers l'onde bleuté. Il éclabousse ses habits mais n'en a cure, il crie de bonheur.

Les glycines bleues répandent leur suavité et les longues hampes fleuries pendent, abritant les butineurs de passage dont il faut se méfier quand on met le nez dedans. De partout, la nature explose par son éphémère beauté, mais elle se renouvelle sans cesse dans un schéma d'éternité.

Les vieilles maisons de caractères, aux jardins abandonnés, attendent sagement, avant de s'effacer discrètement sous la voracité des promoteurs à étages. Je serre ta main dans la mienne et nos épaules se touchent ; nous ne faisons qu'un avec cette ville chevillée à nos âmes. 

Lilas 3

Ci-dessous vidéo d'un de mes poèmes mis en chanson par mon ami Stéphane

Andernos ma belle endormie

https://fb.watch/HFtDMnxdQU/

 

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